Le rééquilibrage alimentaire est avant tout une démarche positive, celle de reprendre soin de soi, de mieux comprendre ses besoins et de retrouver un rapport serein à la nourriture. Les motivations peuvent être multiples, perte de poids, amélioration de la santé, regain d’énergie, confort digestif ou simple envie de se sentir mieux dans son corps. Cependant, entre les informations contradictoires, les règles trop strictes et la volonté d’obtenir des résultats rapides, il est facile de tomber dans certains pièges qui freinent la progression, créent de la frustration ou mènent à des déséquilibres et carences. Voici donc les erreurs les plus fréquentes que je rencontre en consultation et surtout, comment les éviter pour avancer sereinement et durablement.
Vouloir aller trop vite
Le rééquilibrage alimentaire n’est pas un régime express, mais un processus d’adaptation progressive. Chercher des résultats immédiats pousse souvent à restreindre excessivement, à générer de la fatigue et à créer de la frustration jusqu’à tout faire basculer.
Nous avons tous des habitudes bien ancrées, parfois depuis l’enfance. Vouloir tout modifier d’un coup est souvent contre-productif car le corps et l’esprit ont besoin de temps pour s’adapter. La bonne approche est d’accepter d’y aller pas à pas. Chaque petit changement compte, et c’est leur répétition qui crée de vraies transformations. En prenant le temps, vous laissez la place à de nouvelles habitudes durables, intégrées naturellement dans votre quotidien, sans effort brutal ni découragement.
Trop restreindre et risquer de craquer
Se priver n’est pas rééquilibrer. Réduire drastiquement les portions, supprimer le pain, les féculents ou le dessert, ou encore manger trop pauvre en matières grasses, est une erreur fréquente. Cette approche perturbe la glycémie, ralentit le métabolisme, favorise les fringales et entretient une relation culpabilisante avec la nourriture.
Le rééquilibrage alimentaire, au contraire, consiste à manger de tout, mais dans des quantités adaptées à vos besoins. Dans une alimentation équilibrée, aucun aliment n’est interdit, chacun a sa place, simplement dans des proportions différentes selon son rôle et sa densité nutritionnelle.
Ne bannissez pas, mais ajustez. Une portion raisonnable de glucides complets, associée à des protéines et des fibres, permet de stabiliser la satiété et d’éviter les craquages. Si vous adorez un aliment, gardez-le dans votre assiette, c’est souvent la quantité et la fréquence qui font la différence, pas l’interdiction.
Manger sain mais déséquilibré
Beaucoup de personnes mangent “parfaitement” sur le papier, légumes vapeur, blanc de poulet, salade, et pourtant elles manquent d’énergie, ont faim rapidement ou finissent par compenser plus tard. Ce n’est pas une question de mauvaise volonté, mais souvent de déséquilibre nutritionnel. Certaines catégories d’aliments essentielles (protéines, graisses, glucides complexes) sont parfois oubliées ou insuffisantes.
Un repas peut donc sembler sain, mais rester trop pauvre en protéines, en variété ou en matières grasses de qualité, ce qui empêche le corps de fonctionner de manière optimale.
Un repas équilibré doit être à la fois suffisant et satisfaisant. N’ayez pas peur d’ajouter des bonnes graisses (huile d’olive, huile de colza, noix…), des glucides complets et des protéines animales. Manger sain ne signifie pas se priver, c’est offrir à votre corps tout ce dont il a besoin pour être en forme et rassasié.
Négliger la régularité des repas
Sauter le petit déjeuner ou le déjeuner avec le risque de grignoter par la suite, perturbe non seulement la digestion, mais aussi la régulation hormonale. Les résultats sont fatigue, fringales, dérèglement de la satiété et parfois prise de poids à long terme.
On parle beaucoup du jeûne intermittent, mais s’il est pratiqué de manière inadaptée ou chronique, il peut être plus délétère que bénéfique. Sauter un repas en prévision d’un dîner copieux ou d’une sortie au restaurant semble logique sur le moment, mais cela conduit souvent à manger plus vite et en plus grande quantité ensuite, ou à grignoter entre-temps.
La bonne approche est de privilégier une certaine régularité dans vos repas, sans rigidité. Le corps fonctionne mieux lorsqu’il a des repères, il anticipe les apports, régule mieux la faim et optimise la digestion. Si vous avez beaucoup mangé la veille, inutile de vous priver le lendemain, optez simplement pour des repas plus légers, frais et digestes, sans les sauter. C’est cette stabilité, plus que la perfection, qui favorise un véritable équilibre alimentaire.
Faire des évictions sans nécessité
Supprimer le gluten, le lactose ou d’autres catégories d’aliments sans raison médicale ou sans accompagnement professionnel est une erreur fréquente. Beaucoup pensent “détoxifier” leur alimentation ou soulager leur digestion en retirant certains aliments, alors qu’en réalité, cela peut appauvrir l’assiette et déséquilibrer les apports nutritionnels.
Une éviction injustifiée peut conduire à des carences (notamment en fibres, calcium, vitamines du groupe B…) et parfois même aggraver la sensibilité digestive, car le microbiote intestinal perd en diversité. De plus, beaucoup d’alternatives “sans gluten” ou “sans lactose” sont ultra-transformées et moins intéressantes sur le plan nutritionnel.
Avant d’exclure un aliment, il est essentiel de comprendre la cause du trouble. Si vous ressentez des inconforts digestifs ou une intolérance supposée, faites le point avec un professionnel de santé pour identifier les vrais déclencheurs. Dans bien des cas, il s’agit moins d’une intolérance que d’un déséquilibre global de l’alimentation ou du microbiote, qu’on peut corriger sans éviction stricte.
Oublier l’hydratation
L’eau est souvent le grand oublié du rééquilibrage alimentaire, alors qu’elle joue un rôle essentiel dans la digestion, la régulation de l’appétit et le bon fonctionnement du métabolisme. Beaucoup de signaux que l’on interprète comme de la faim sont en réalité des signaux de soif : le corps réclame de l’eau, pas forcément un encas.
Veillez à boire régulièrement tout au long de la journée, même en dehors des repas. L’eau reste la meilleure option, mais les tisanes, infusions ou eaux aromatisées maison sont aussi d’excellentes alternatives pour varier les plaisirs. Une bonne hydratation, c’est la base d’un organisme qui fonctionne bien et d’un rééquilibrage réussi.
Négliger le sommeil et la gestion du stress
On parle souvent d’alimentation, mais plus rarement de tout ce qui l’influence. Pourtant, le manque de sommeil et le stress chronique perturbent la faim, la digestion, les émotions et la motivation. À long terme, ils peuvent même masquer ou aggraver certains déséquilibres micronutritionnels.
Un rééquilibrage alimentaire ne se limite donc pas à ce qu’il y a dans l’assiette, il repose aussi sur une hygiène de vie globale. Un sommeil réparateur, une activité physique régulière, des moments de détente et une respiration consciente contribuent autant que l’alimentation à retrouver un équilibre durable. Tout est lié : un corps apaisé, c’est aussi un métabolisme qui fonctionne mieux.
Le rééquilibrage alimentaire, c’est avant tout apprendre à mieux manger sans se compliquer la vie. En évitant certaines erreurs courantes et en avançant pas à pas, vous posez les bases d’une alimentation équilibrée, durable et surtout agréable à vivre. Un rééquilibrage réussi ne repose pas sur la restriction, mais sur la compréhension et la constance. Chaque petit changement compte, un repas plus varié, une meilleure écoute de vos sensations, un peu plus d’eau dans la journée. Le vrai objectif n’est pas la perfection, mais l’équilibre, celui qui vous permet de vous sentir bien dans votre corps, dans votre tête et dans votre assiette.
Si vous souhaitez être guidé(e) dans cette démarche et trouver votre propre équilibre, je suis là pour vous accompagner avec bienveillance et expertise.
